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vu par les étudiants d'ESJ PRO Montpellier

Pays de l’Est : immersion après la dislocation de l’URSS avec Justyna Mielnikiewicz

Le travail de Justyna sur les pays de l’Est commence bien avant son arrivée sur le terrain.

« Je lis beaucoup, je fais des recherches. Du coup, quand j’arrive sur place je comprends ce qu’il s’y passe ». Elle détermine les lieux où elle veut se rendre, définit un point de départ et a bien du mal à comprendre ses homologues qui ne le font pas. « La méconnaissance du lieu dans lequel on se trouve est un manque de respect pour les populations. » Elle prend aussi contact en amont avec des habitants, via les réseaux sociaux, pour fixer un rendez-vous une fois sur place. « Je garde le numéro des gens avec qui j’échange. Je les contacterai peut-être pour donner une suite à cette série » réfléchit-elle à voix haute.

Une fois sur place, la photographe au caractère affirmé sait où elle va. « Je veux voir mon sujet en entier. Rencontrer tous les acteurs. » Pour compléter, Justyna Mielnikiewicz se sert aussi des supports officiels, « les sites internet, les panneaux d’affichages des mairies par exemple pour les retours de soldats… ». Il y a des jours où ça fonctionne, d’autres non. «Chaque situation est différente ! Il n’y a pas vraiment de règles ». Il lui arrive de se faire passer pour une touriste, lorsque la situation devient tendue. « Je ne citerai pas les pays où j’ai eu des problèmes, mais c’est à cause des “stupid people” : les dictateurs ou la police qui ne veulent pas que l’on se renseigne sur ce qu’ils font.» Comme cette fois où, arrivée à l’aéroport, impossible pour elle d’embarquer. Prétextant une erreur de document, la sécurité empêche Justyna de monter à bord de son avion, pour sortir du pays dont elle ne veut pas dévoiler le nom. « Je leur ai dis : “ok je paie l’amende, dites-moi combien je vous dois ?” ». Impossible de discuter, la photographe spécialisée dans la photo documentaire finit devant le tribunal. « C’était ridicule ! J’en ai perdu mon billet d’avion ».

Peu importe la situation, pour Justyna, “c’est le besoin de traduire en images le monde comme je le vois. C’est en moi depuis bien longtemps.”

MORGANE BRET

© Justyna Mielnikiewicz / MAPS

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