ImageSingulières 2018

vu par les étudiants d'ESJ PRO Montpellier

ImageSingulières à Sète : quelle influence sur l’économie locale ?

Avec près de 60 000 visiteurs sur l’édition 2017, le festival attire un public tant régional que national. S’il bénéficie à l’économie touristique de la ville, le festival reste toujours largement méconnu auprès des Sétois.

« Je connais bien ImageSingulières, même si les personnes du quartier ne connaissent pas vraiment son existence », lance avec sa voix rauque Bernadette, buraliste de la rue de Révolution. Et pour preuve, quand on interroge les clients d’un bar PMU situé non loin de là, personne ne connaît ce festival. « Près du port, les habitants se sentent un peu plus concernés », nuance-t-elle. En effet, près des quais se trouvent la Maison de l’image documentaire et la Chapelle du Quartier Haut où sont exposées plusieurs photographes.

Professionnels du tourisme et commerçants, parmi lesquels restaurateurs et hôteliers, du quartier profitent de l’évènement. « Tous les ans, ils citent la présence du festival comme générateur de surcroît d’activité pour eux », explique Corine Beaujard, directrice adjointe de l’Office de tourisme. En 2017, elle a mené une enquête auprès de 60 d’entre eux. L’an dernier, l’établissement d’information a vu sa fréquentation augmenter de 45%, avec 15 723 visiteurs en 2017 contre 10 824 en 2016.

Des commerçants ravis

Sylvain, patron du restaurant de poissons Le Chantemer situé sur la Corniche, note une augmentation de l’affluence dans son établissement. « Depuis quelques années, j’ai plusieurs clients qui viennent spécifiquement pour le festival, souvent des photographes amateurs. La clientèle élitiste de mon restaurant correspond au public d’ImageSingulières », estime-t-il.

Même constat pour Corinne, gérante de La Cave au Vin Vivant basé près des Halles. « J’ai plus de boulot pendant ImageSingulières, lance-t-elle, en se pressant de ranger ses bouteilles dans un frigidaire. Je suis là depuis un an et demi, donc je vois cet effet depuis deux éditions. Je savais par l’ancien propriétaire que le public du festival vient souvent à la cave. Nos vins natures correspondent bien tant aux photographes professionnels qu’aux visiteurs », souligne la caviste. Cette dernière vend environ 30% de bouteilles en plus sur cette période, surtout la semaine d’ouverture.

“Des gens venus d’Ile-de-France et d’Isère”

Les bénéfices engrangés par la ville grâce à ImageSingulières ne risquent pas de chuter puisque l’affluence du festival augmente d’année en année depuis 10 ans. Entre 2009 et 2017, elle a augmenté de 77%, passant de 13 278 à 58 109 visites. Pour cette édition 2018, la fréquentation liée à ImageSingulières se fait déjà ressentir. « Sur cette première semaine, il y a effectivement un public pour ce festival, qui est spécialement venu à Sète. Ce ne sont pas forcément des visiteurs de la région. On a même des gens d’Ile-de-France, d’Isère, etc. », assure Virginie, hôtesse d’accueil à l’Office du tourisme.

D’après un sondage mené auprès de 382 personnes par l’établissement en 2014, seul 13% des festivaliers proviennent de Sète, tandis que 38% viennent du Languedoc-Roussillon et 48% d’ailleurs en France. 12% d’entre eux dorment dans une chambre d’hôtes, 21% à l’hôtel, 31% au camping et le reste, la majorité, séjournent chez des amis ou de la famille.

Dans son bureau de tabac loin du centre-ville et d’ImageSingulières, Bernadette dresse un bilan positif. « Je trouve que c’est une bonne chose qu’il y ait de tels événements pour notre ville. Même si cela ne m’apporte pas énormément de clients, sauf quelques-uns de passage. La preuve, avec votre présence pour ce festival, je viens de vendre deux paquets de cigarettes. »

Texte et image : CEDRIC REMIA ET SEBASTIEN LUCOT, avec GERALDINE JOHN

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