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vu par les étudiants d'ESJ PRO Montpellier

Brésil : « 46 750 » Immersion avec João Pina, entre la police et les trafiquants de drogues

João Pina présente des photographies de Rio de Janeiro au Brésil, « du beau et du trash » comme il le dit, passant du carnaval aux assassinats. « 46 750 », le nom de son exposition, n’est autre que le nombre d’homicides commis entre 2007 et 2016.

Pendant dix ans, le photographe portugais a démêlé l’histoire du Brésil. Il a suivi l’actualité de près, et « dès que la police intervenait, j’étais là ». Il a d’abord su se rendre visible.  Présent là où il fallait, la policy commençait à le connaître. « Au bout d’un an et demi, un policier m’a proposé de les accompagner en opération. » Le lien avec les forces de l’ordre était établi. Gagner la confiance passe par l’honnêteté. « Puis, j’ai pris contact avec la presse locale pour m’aider. » Grâce à un journaliste, João Pina intègre le monde des trafiquants. « Il m’a donné le contact d’un pasteur évangélique », religieux omniprésent dans les favelas et qui prie avec les plus gros trafiquants (image à l’appui au cours de l’exposition). Le trafic, « c’est l’autorité ».
« Les gens ont peur. Personne ne fait rien pour eux, personne ne demande de l’aide car ils sont tous corrompus. » João Pina a réussi à s’introduire dans les favelas notamment grâce à Fernandinho, un des barons. « Une question d’ego » dit l’artiste pour expliquer comment il a pu être accepté par les trafiquants, une présence qui les rend visibles. « J’ai déjà refusé de suivre les policiers dans leur mission car c’était dans une favela où je connaissais les trafiquants. Il faut savoir dissocier », une question de sécurité pour lui, et de vie pour ses interlocuteurs. Car on ne plaisante pas dans les favelas. « Les menottes n’existent pas à Rio. Quand la police sort, ce n’est pas pour arrêter, mais pour tuer. » Quand on lui demande quel événement l’a le plus touché, il répond : « La femme enceinte morte, la photo parle d’elle même, j’étais là, à côté ».

MAILYS BRETEAU

 

 

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