ImageSingulières 2018

vu par les étudiants d'ESJ PRO Montpellier

Loïc Bonnaure, portraitiste : « Les visages et les regards m’intéressent »

Loïc Bonnaure expose « Portraits ». Un travail d’exploration construit avec les visages des photographes exposés lors des éditions précédentes.

Ils sont 24. Certains vous scrutent haut perchés, d’autres vous épient à hauteur d’homme d’un regard oblique. Pénétrer dans le premier entrepôt Larosa, c’est comme être observé par la Joconde. Mais là, aucune échappatoire n’est possible. Ensemble, ces figures forment l’exposition « Portraits », oeuvre du photographe Loïc Bonnaure. Casquette solidement vissée sur sa tête garnie d’une épaisse chevelure brune, ce Toulousain de 28 ans n’est jamais bien loin de ses clichés. Tout comme du festival ImageSingulières, où il se plaît à errer, son boîtier Leica en bandoulière, à la recherche de sujets. Et où il aime, pour sa quatrième participation, retrouver une « famille ».

Cette famille l’a d’ailleurs inspiré pour « Portraits ». « Ce photographe a exposé l’an dernier, pointe du doigt Loïc Bonnaure. Celui-là aussi. Là pareil. Celui qui a un bonnet n’était pas photographe sur le festival. C’est Christian Caujolle, il a créé l’agence VU”. Et ce n’est pas un hasard si Caujolle a sa place dans cette série de portraits. Il a débuté la photographie dans la Ville rose. Comme Bonnaure, formé pour sa part à l’ETPA (Ecole de photographie de Toulouse) et membre du studio photographique « Chez Lucette ».

Créer une intimité

Nous reculons de quelques mètres dans l’entrepôt. La vue d’ensemble de l’exposition est vertigineuse. Réalisée avec un appareil numérique, « Portraits » est pour Loïc Bonnaure l’occasion d’explorer le noir et blanc. « Je ne l’avais pas souvent traité jusqu’alors, il fallait expérimenter », justifie-t-il. Pour ce travail, l’artiste utilise des cadres très serrés, coupant souvent le haut de la tête : « Le front par exemple n’est pas forcément utile dans la lecture de l’image. Ce sont les visages et les regards qui m’intéressent ».

À quelle distance fait-il poser ses sujets ? Le portraitiste avance son visage à un mètre de nous : « Cet espace est idéal. Le portrait c’est une intimité avec la personne. Quelque chose se crée dans ces moments-là, même si je suis derrière mon boîtier ». Jusqu’alors paisibles, les yeux noisette de Loïc Bonnaure pétillent, sa parole s’accélère. Comme si cette proximité le ramenait dans son élément.

« J’aime discuter avec les gens. C’est essentiel pour aborder quelqu’un dont on veut faire le portrait. Après c’est toujours plus simple de photographier une personne que je connais. Un inconnu, il faut arriver à le cerner en quelques minutes pour qu’une photo fasse ressortir sa personnalité, insiste-t-il, en ajustant ses lunettes arrondies. Un jour, j’étais dans un bar à Toulouse. Je voulais prendre en photo un gars qui jouait aux courses et buvait des coups. Il m’a répondu : « Non surtout pas, ma femme ne sait pas que je viens ici ». »

« Raconter une histoire »

Équipé de différents appareils, un Leica, un argentique moyen format et un reflex 24×36 mm, le jeune homme sait aussi s’adapter à chaque situation. Et privilégie souvent un cadre plus large pour portraitiser: « Un beau portrait raconte une histoire. Pour cela, je crée une ambiance. Par exemple pour un pêcheur, ça peut être à bord de son bateau, où dans son local avec des éléments autour », détaille-t-il. Une philosophie inspirée de photographes comme Anders Petersen et Alberto Garcia Alix.

Après ImageSingulières, le Toulousain retournera dans sa ville de cœur pour travailler sur de nouveaux projets. Notamment un tour de France photographique : « Jusqu’à maintenant, j’ai surtout fait le Sud-Ouest et la Méditerranée. J’aimerais aller en montagne et en Normandie… ». Et il continue de nourrir son rêve : « Faire le portrait de Clint Eastwood ».

VICTOR TILLET et JEAN-ADRIEN TRUCHASSOU

Crédit photo : Jean-Adrien Truchassou
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