ImageSingulières 2018

vu par les étudiants d'ESJ PRO Montpellier

Tënk, une plateforme vidéo qui cherche à provoquer et déranger

En parallèle des expositions, ImageSingulières organise des conférences avec le public. L’équipe de Tënk a ouvert le bal mardi soir, en projetant le court-métrage d’Éléonor Gilbert, “Espace”. Une oeuvre disponible dans leur catalogue. Le point sur cette plateforme vidéo qui veut proposer des films “provocants”.

« C’est pas parce qu’on est des filles qu’on doit avoir moins de place pour jouer que les garçons. » Sur l’écran, une petite fille indignée dénonce les inégalités dans la cour d’école. Le public, une centaine de personnes massées devant la projection d’Éléonor Gilbert, rigole. D’un rire gêné cependant, les visages laissant transparaître un malaise face à la situation. Pari réussi pour Tënk.

Vous n’avez pas encore entendu parlé de cette plateforme vidéo ? Cela ne saurait tarder… Elle a été créée par une équipe de passionnés ardéchois il y a deux ans. Et elle n’en finit plus de se faire une place dans le petit monde des « films d’auteurs innovants et dérangeants » comme le définit Eva Tourrent, responsable artistique du site. Des oeuvres qu’elle veut aussi et surtout provocantes, comme celle diffusée mardi soir. « On croit connaître le monde dans lequel on vit, mais on se rend compte que grâce à un artiste, un documentaire, on peut le voir différemment. C’est la ligne directrice de Tënk, poursuit celle qui s’occupe de la programmation. Ces films ne donnent pas forcément de réponses mais ils ont au moins le mérite de poser des questions. »

6 400 abonnés à Tënk

La plateforme semble avoir trouvé son public. Après un financement participatif où elle a récolté près de 35 000 euros, Tënk compte désormais 6 400 abonnés. Elle séduit par la richesse des programmes proposés : sept nouveaux films sont ajoutés chaque semaine sur la plateforme moyennant 6 euros par mois. « Le type de films que nous proposons ne sont plus achetés ni même diffusés par la télévision alors qu’il y a vraiment besoin qu’ils soient vus, déplore Eva Tourrent. Comme les télés ne jouent plus le jeu, on a décidé d’entrer en co-production avec les auteurs afin de permettre, à terme, la fabrication de nouveaux films. »

Le catalogue exhume par exemple  l’indispensable “Nuit et brouillard” d’Alain Resnais sur la déportation. Il dédie aussi son mois de mai à l’oeuvre de Chris Marker, propose un documentaire sur le jazzman Ornette Coleman ou le désopilant et blasphématoire Saint’Game de la Belge Amélie Derlon Cordina.

Mardi soir, Gilles Favier a assumé le choix de ce court-métrage d’Éléonor Gilbert. « La « naïveté » de cette petite fille peut faire sourire. Sa parole est malgré cela très naturelle. C’était un bon choix de leur part d’aborder le féminisme à travers elle », justifie le directeur artistique d’ImageSingulières.

Pour sa première participation à ImageSingulières, Tënk proposera un deuxième court-métrage diffusé samedi 12 mai qui traitera des conditions de travail difficiles des caissières aux débuts de la grande distribution. Dérangeant, encore une fois…

La programmation des Agora :
Mercredi 9 mai. A 16 heures : Éduquer avec les images d’information.
Jeudi 10 mai. A 15 heures : « L’immersion photographique ».
A 16 h 30 : « Société des Auteurs des arts visuels et de l’Image Fixe – Saif et Saif images ».
Vendredi 11 mai. A 16 h 30 : « Une bibliothèque de livres photo par Irène Attinger de la MEP ».
Samedi 12 mai. A 15 h 30 : « Création d’une agence : MAPS ».
A 16 h 30 : projection dans la grande salle de l’entrepôt 1 – Le pouvoir est dans la rue d’Alain Tanner, 48 minutes, 1968.
A 18 heures : « FotoEvidence ».
Dimanche 13 mai. A 16 heures : projection See you in Chechnya, d’Alex Kvatashidze, 68 minutes, 2016 suivi d’un débat animé par Gilles Favier – Tënk.

VICTOR TILLET et JEAN-ADRIEN TRUCHASSOU

Crédit photo : Jean-Adrien Truchassou

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